Master Professionnel Métiers du Livre et de l'édition

MONCHICHI

 

Monchichi est un théâtre de danse créé par Honji Wang et Sébastien Ramirez, tous deux chorégraphes, danseurs et directeurs artistiques. Je suis allée découvrir la pièce qui est à l’origine de leur duo. On peut souligner avant tout la véritable beauté de l’opéra de Montpellier. On entre dans les loges par de petites portes feutrées. On s’arrête quelques instants fascinés par l’éclat qui se dégage du théâtre où le rouge et l’or prédominent et par la lumière que diffuse un lustre monumental.

Au sein de ce décor grandiose, la pièce se distingue par sa simplicité. Lorsque le rideau se lève, seul un arbre apparaît sur la scène, puis viennent les deux danseurs. On cherche alors à donner un sens à chaque mouvement, pour capter une histoire, un fil rouge qui nous permettrait, comme dans les romans, de comprendre les enchaînements. Mais il faut avant tout se laisser porter par la musique, très rythmique et moderne, aux consonances hip-hop ; par les lumières qui se reflètent sur une grande toile tirée et qui ne cessent de changer, faisant apparaître les danseurs comme des ombres chinoises ou projetant une lumière tellement aveuglante qu’elle rend la scène presque irréelle ; par les habits, à la fois déguisements et miroirs de nous-mêmes ; et enfin, par la prise de parole des deux danseurs qui interpellent le public et racontent leurs histoires autrement que par le corps.

C’est à travers cette scénographie que les deux artistes décident d’aborder la rencontre amoureuse, le lien que l’on peut créer malgré des langues ou des origines différentes. En évoquant les changements que provoque en nous et sur nous une rencontre amoureuse, ils parlent aussi des recompositions culturelles. Elle, d’origine coréenne et née en Allemagne, lui, d’origine espagnol et né en France, soulignent avec beaucoup d’humour et d’autodérision les clichés que l’on peut avoir sur un pays, une culture, et les difficultés que l’on peut rencontrer dans la compréhension de l’un et de l’autre. De manière simple et poétique ils abordent des sujets parfois sensibles en effaçant toute tension. Cette image du lien mouvant qui existe entre les hommes et les femmes clôt le spectacle, lorsque les deux danseurs lient leurs mains pour créer un même mouvement, qui prend la forme d’une vague.

À voir absolument !

 

Lisa Clairotte, Master 1 Métiers du livre et de l'édition