Master Professionnel Métiers du Livre et de l'édition

Festival Cinémed

Avant-première de En amont du fleuve de Marion Hänsel avec Sergi López, Olivier Gourmet et John Lynch.

Le festival Cinémed représente l’événement cinématographique majeur de Montpellier.

Guidé par la volonté de faire partager la culture méditerranéenne sur grand écran, de faire battre les consciences et les cœurs sur la gravité de l’actualité, d’accueillir des professionnels remarqués et remarquables, ou encore de faire découvrir des talents prometteurs, Cinemed est un festival généreux doté d’une programmation exhaustive.

À cette occasion, voici un petit avis sur En amont du fleuve, diffusé en avant-première le samedi 22 octobre, en présence de l’acteur catalan Sergi López et de la réalisatrice belge Marion Hänsel.

Avant la projection du film, ces deux invités nous ont fait part de quelques petites anecdotes sur le tournage, le choix des acteurs, la production entourant le film. On peut relever le caractère jovial de Sergi López, toujours à l’aise en promotion, qui a profité du festival pour montrer au public montpelliérain ses qualités d’homme de théâtre à travers une pièce comico-absurde, 30/40 Livingstone.

Au vu de sa filmographie, Marion Hänsel, la réalisatrice, témoigne d’un amour certain pour la nature, pour la mise en scène des éléments naturels  qu’elle parvient à magnifier avec sa caméra tout en y accolant un sujet dramatique fort. Avant la projection, la réalisatrice a par ailleurs souligné l’importance donnée à la nature croate dont l’un des fleuves est le cadre principal du film. L’intrigue dramatique est plutôt simple : nous suivons le voyage en bateau de deux demi-frères, réunis pour la première fois peu après la mort de leur père, qui décident de remonter un fleuve en plein milieu de la Croatie.

Dans quel but ? En guise de réponse, Marion Hansël laisse miroiter une atmosphère naturelle et intimiste sans rien dévoiler directement, laissant faire les quelques répliques timides entre les deux frères.

Le film démarre presque sur une allure de Feel good movie. Le duo d’acteurs fonctionne très bien. Le choix de casting s’avère très judicieux avec Olivier Gourmet en personnage bourru et légèrement tourmenté et Sergi López dans le rôle de son demi-frère au caractère plus tempéré et plus réservé. Ce sont donc deux tempéraments très différents qui sont réunis à bord d’un bateau et qui cherchent à s’apprivoiser mutuellement. Au départ, on a donc un humour discret qui parvient néanmoins à faire mouche dans cette relation fraternelle tout juste découverte. Mais il existe un troisième personnage, le père absent, dont l’ombre est omniprésente sur les frangins avec, d’un côté, celui qui ne le connaissait pas et, de l’autre, celui qui ne le connaissait que trop bien. L’ombre du père devient de plus en plus pesante jusqu’à une pseudo-révélation, ou un moment de crise, qui plonge le long-métrage dans un parti pris bien trop romanesque au vu de la nature du film. Sans rien vous dévoiler, il y a un changement de cap dans le film qui n’est pas vraiment maîtrisé. La dernière partie devient plus grave et… beaucoup moins intéressante. En cours de route, il semble que Marion Hansël ait un peu perdu de vue l’intrigue. En amont du fleuve finit par bifurquer vers un fleuve beaucoup trop tranquille sur lequel les répliques glissent en toute superficialité. Les deux acteurs ne semblent même plus y croire, leurs faux rires en témoignent. Quel dommage pour une œuvre qui proposait au départ un voyage qui pouvait se révéler agréable et symbolique. Même si la caméra et la photographie d’ Hansël s’avèrent très correctes et esthétiquement plus que réussies, la narration et la structure du film n’arrivent pas à suivre et, au final, on se surprend à glisser, à rêver de ce fleuve plutôt qu’à en faire pleinement partie.

 

Rémy Fournié Master professionnel Métiers du livre et de l'édition