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Interview : Ambre Taïlhades

     Je complète comme annoncé la chronique sur l'Emergenza avec l'interview d'Ambre Taïlhades, la vocaliste d'Eclypse. Le groupe a remporté la troisième place lors du vote et jouera donc le 24 mars 2017 à l'Antirouille de Montpellier.

 

 

Q : Tout d'abord, merci à toi d'avoir accepté cette interview. Peux-tu nous parler des débuts du groupe ?

 

R : Alors, je n'y étais pas, mais le groupe s'est formé en 2012. Ce sont des amis qui ont décidé de jouer ensemble et ont vu qu'ils avaient un peu de potentiel. Le plus ancien membre est Damien, le chanteur. Je suis entrée dans le groupe il y a deux ans, quand ils ont décidé de faire du pagan metal. Deux guitaristes, Jean-Charles et Manu, sont entrés cet été pour remplacer ceux qui ont dû partir pour préparer un gros projet professionnel.

 

Q : Peux-tu nous donner le line-up ?

 

R : Damien est au chant scream. Il est le leader du groupe. Il fait un peu tout : il joue, il compose… Jean-Charles, connu sur la scène sous le nom de Svart, est guitariste solo. Éric est notre doyen et notre bassiste. C'est cool d'ailleurs d'avoir quelqu'un de plus âgé et d'expérimenté. Il a une bonne oreille, il va entendre tout de suite si quelque chose ne va pas... Et il a du mérite de venir alors que lui aussi a une jambe dans le plâtre (rires). Il vit du côté d'Avignon, en plus. Manu est à la guitare rythmique et a pas mal d'idées pour nos compositions aussi... et à la batterie maintenant, et bien il n'y a plus personne. On a aussi le photographe et parolier Luc Mercier, qui fait un peu de tout. Chacun amène sa petite idée et on bosse les morceaux ensemble. Avant, c'était seulement les deux guitaristes qui composaient, alors que maintenant on peut tous s'éclater et composer. Cela marche bien, l'album avance très vite.

 

Q : Parle-nous du style du groupe. Vous aviez une identité bien à vous sur la scène, non seulement à travers votre musique mais aussi avec votre maquillage et vos costumes. Quelles ont été vos influences ?

 

R : L'idée, en prenant une chanteuse, était d’apporter une touche d'harmonie et de lyrisme. On a un grand mélange d'influences : l'un des guitaristes du groupe était amateur de black, un autre de trash. Sinon on a une inspiration folk, avec des groupes comme Eluveitie, Ensiferum, Arkona... Pour les costumes, les garçons se baladaient déjà en kilt. On s'est dit que les visuels seraient importants. J'ai fait mon costume avec mes petites mains, ayant déjà fait de la reconstruction médiévale. On a mis l'accent sur ce côté médiéval-fantastique et viking. On réfléchit d'ailleurs à des choses un peu nouvelles aussi, au niveau des costumes et du maquillage. Pour faire ressortir encore plus le côté viking, on pense mettre encore plus de fourrures (rires). Nos maquillages sont du style maquillage de guerre picte, avec du bleu et du noir. J'aimerais bien faire des ailes de Valkyries qui s'ouvrent sur scène... On ne promet rien, mais on va essayer. La priorité est à la musique, mais travailler le visuel sur scène, c'est quand même fun.

 

Q : Quels sont les thèmes abordés dans les textes ?

 

R : Maintenant, on a un parolier pour notre prochain album. Les deux premiers EP parlent du Ragnarök, le prochain album parle de ce qui se passe après : c'est le thème du renouveau qui est abordé.

 

Q : Un nouveau projet d'album ?

 

R : On est en train de finaliser les compositions pour le prochain album. On part sur de nouvelles recherches musicales. On pense y mettre une dizaine de titres. Il sera sur Bandcamp. On va enregistrer cette année donc il sortira l'année prochaine.

 

Q : Et pour l'Emergenza ? Comment participe-t-on ?

 

R : Il faut s'inscrire sur internet. Il faut un peu de temps pour qu'ils écoutent les morceaux et décident qui ils prennent. Finalement, ils nous ont recontactés l'été dernier, quand nos deux guitaristes venaient d'arriver. Du coup, on a décidé d'y aller, nous disant que ça serait un super concert avec les nouveaux guitaristes. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas joué sur Montpellier et le public montpelliérain est super sympa, ça nous donnait envie.

 

Q : Tu n'avais pas trop le trac ?

 

R : Si, j'avais le trac, on a toujours le trac sur scène. Mais on est tous ensemble, donc on est là pour se soutenir, alors que j'ai déjà chanté toute seule et j'avais vraiment peur. Quand on a appris que le batteur avait eu un accident, ça a été un grand moment d’inquiétude. On va devoir trouver un nouveau batteur car son état de santé ne lui permettra plus de jouer avant un moment.

 

Q : Est-ce que c'était votre premier gros festival ?

 

R : On a fini troisièmes au tremplin régional. Je n'y étais pas mais le groupe, à l'époque, il y a quatre ans, a fini troisième au Headbang Contest. On a été au Ragnarök Fest, on a fait l'ouverture et c'était très impressionnant. Mais c'était une expérience intéressante : on a pu jouer sur la même scène qu'Arkona et d'autres et c'était vraiment, vraiment de la grosse scène.

 

Q : Si j'ai bien compris, tu vis sur Montpellier mais le reste du groupe est basé ailleurs ?

 

R : Les trois quarts sur Nîmes, un sur Alès et un sur Perpignan.

 

Q : Mais comment vous faites pour les répétitions ?

 

R : On se débrouille, on répète toutes les semaines ou toutes les deux semaines. On s'appelle sur Skype entre temps pour travailler ensemble, et on se retrouve à Paloma, une salle qui loue des studios pour les groupes à Nîmes. On se fixe un grand créneau de quatre heures. Sinon, on essaie de se voir chez nous... Pour sonoriser les guitares et la batterie, on est obligés de répéter en studio. En plus, si on faisait ça chez nous, imagine les voisins... (rires).

 

Q : Et comment cela se passe pour toi dans le groupe ?

 

R : Ils sont super sympas, on part sur de bonnes bases. On compose tous ensemble. Ceux qui composent le plus sont Damien, le chanteur, et Manu, le guitariste rythmique.

 

Q : D'ailleurs, pourrais-tu nous parler de ta formation de chanteuse ?

 

R : Moi, j'ai commencé très tôt. Quand j'étais gamine, je faisais de la chorale et ma mère en faisait aussi. J'ai pris des cours de chant, j'ai fait un bac spé musique, j'ai été au conservatoire (trois ans de classe de chant) et je suis partie pour ne pas m'enfermer dans une seule technique : quand on fait trop longtemps du chant lyrique, on ne peut plus chanter autrement. Après, je suis partie chez un professeur indépendant. Chaque professeur t'apprend une technique différente et, pour faire du métal, c'est mieux d'avoir plusieurs techniques.

 

Q : Un petit mot pour conclure ?

 

R : Oh, et bien merci, tu es très sympa (rires). Et on recherche toujours un batteur, on fera passer des auditions à Nîmes, alors si vous connaissez quelqu'un…

 

Harmony Josse Master 1 Métiers du livre et de l'édition