Master Professionnel Métiers du Livre et de l'édition

Alma à Montpellier

 

À l’occasion de la trente-deuxième édition de la Comédie du Livre de Montpellier, j’ai décidé de quitter Paris pour me retrouver à l’autre bout de la chaîne du livre. Je souhaitais plus particulièrement être au bout de la chaîne de La baleine thébaïde, le dernier roman de Pierre Raufast, auteur Alma présent pour l’événement de cette année. Alma Éditeur, c’est une petite maison basée dans le 6e arrondissement de Paris, dans laquelle je suis stagiaire depuis le début du mois d’avril, et qui a commencé à publier Pierre Raufast en 2014 avec La fractale des raviolis. Pour la petite histoire, ce serait une stagiaire qui a reçu et découvert la première La fractale avant de la proposer à Catherine Argand et Jean-Maurice de Montremy, co-fondateurs d’Alma.

J’ai donc rencontré Pierre Raufast samedi matin sur les coups de 10h30, pendant sa séance de dédicaces sur le stand des librairies Sauramps, et nous avons commencé à échanger durant une heure et demie. Je lui racontai mon parcours, comment j’étais passé du MLE de Montpellier à un stage dans une maison d’édition à Paris, comment j’avais connu Alma Éditeur et pourquoi j’avais postulé chez eux (avez-vous déjà vu et/ou touché un roman Alma ? croyez-moi, ils valent le détour, et je ne dis pas ça parce que je bosse pour eux !), et je lui parlai également de mon rôle au sein de la maison…

Le service des manuscrits. Il me révéla sa stupéfaction lorsqu’il avait compris que le manuscrit de La fractale des raviolis était d’abord passé entre les mains d’une stagiaire avant d’atterrir sur les bureaux des éditeurs. Je n’ose réaliser les sueurs froides qu’il a pu avoir ce jour-là, et il m’a fait prendre conscience, de son point de vue d’auteur, de l’importance de notre rôle au sein d’une maison, de l’importance des responsabilités qui nous sont confiées alors que nous ne connaissons rien au métier. Qui sommes-nous, stagiaires, pour juger du travail de quelqu’un ? C’est une question qui se tourne et retourne dans mon esprit depuis cette rencontre…

Mais revenons-en à la Comédie du Livre. Nous voici donc à quitter la séance de dédicaces pour nous rendre dans les locaux de Radio Aviva, une radio locale au pied de laquelle se déroule justement la CDL. Le festival n’est pas seulement un moyen de promouvoir la littérature d’un pays en particulier, il est aussi l’occasion pour les librairies qui exposent de proposer au public montpelliérain et héraultais leurs coups de cœur. Moyen aussi pour les auteurs de promouvoir leurs romans. Pierre Raufast est ainsi interviewé en direct pour parler de La baleine thébaïde, sorti en janvier 2017. Cette épopée contemporaine traite de la recherche de soi et la solitude. La solitude, qui est un joli synonyme de « thébaïde ». La baleine thébaïde, La variante chilienne, La fractale des raviolis, que de jolis titres dont Alma Éditeur a le secret, et qui poussaient les festivaliers de la Comédie du Livre à s’arrêter devant Pierre Raufast, piqués dans leur curiosité.

C’est ce que j’aime dans la CDL : en plus d’une météo merveilleuse qui rend les gens souriants, intéressants et intéressés, on y découvre toujours quelques pépites et quelques enseignements qui poussent à l’introspection. Dans la dédicace qu’il a faite sur mon exemplaire de La baleine thébaïde, Pierre Raufast a écrit : « Pour Solange, qui a la lourde responsabilité de briser ou réaliser les rêves de primo-romanciers… Auriez-vous sélectionné cette baleine ? ».

Ma réponse est oui.

 

Solange Brisson Master 2 Métiers du livre et de l'édition